Aller au contenu

PDP, PA, PPF, e-reporting : le vocabulaire, en français

La réforme se raconte en sigles, et c'est le premier obstacle : impossible de choisir un prestataire quand on ne sait pas ce qu'on achète. Voici ce que chaque terme désigne, sans paraphrase administrative.

À savoir avant tout le reste : il n'existe pas de guichet public gratuit. Le portail de l'État devait proposer un service de facturation sans frais — ce rôle a été abandonné en octobre 2024. Chaque entreprise doit passer par une plateforme privée immatriculée. Beaucoup d'articles en ligne décrivent encore l'ancien dispositif.

Le trajet réel d'une facture
VousfournisseurVotre plateformeagrééeSa plateformeagrééeVotre client── La facture, de bout en boutAdministrationfiscale┈┈ Les données seulement, via le PPFjamais la facture elle-même

Votre facture ne passe jamais par l'administration : elle circule d'une plateforme agréée à l'autre. Seules certaines données en sont extraites et transmises au fisc. C'est pourquoi le choix de votre plateforme vous appartient entièrement — et pourquoi il n'existe pas de guichet public par lequel passer.

Les termes, un par un

PAPlateforme agréée
Un opérateur privé immatriculé par l'administration fiscale, seul habilité à émettre, transmettre et recevoir vos factures électroniques, et à transmettre les données au fisc. C'est le seul intermédiaire par lequel vos factures peuvent légalement passer.
PDPPlateforme de dématérialisation partenaire
L'ancien nom des plateformes agréées. Si vous lisez « PDP » quelque part, il s'agit de la même chose qu'une PA — le terme a simplement été remplacé. Beaucoup de documents et d'éditeurs emploient encore l'ancien sigle.
ODOpérateur de dématérialisation
Un prestataire qui traite des factures sans être immatriculé. Il peut vous servir d'outil, mais il ne peut pas transmettre vos factures ni vos données à l'administration : il doit s'interfacer avec une plateforme agréée pour cela.
Solution compatible
Un logiciel qui sait produire et lire des factures au bon format, mais qui n'a pas l'immatriculation. Vous pouvez continuer à l'utiliser, à condition qu'il soit raccordé à une plateforme agréée. C'est le point qui piège : « compatible » ne veut pas dire « suffisant ».
PPFPortail public de facturation
Le service de l'État. Contrairement à ce qui était annoncé en 2021, il n'émet ni ne reçoit vos factures : depuis octobre 2024, ce rôle a été abandonné. Il ne tient plus que l'annuaire des entreprises et le concentrateur qui reçoit les données transmises par les plateformes agréées.
E-invoicingFacturation électronique
L'échange de factures entre entreprises françaises assujetties à la TVA, au format structuré, via des plateformes agréées. C'est ce qui remplace le PDF envoyé par courriel.
E-reportingTransmission des données de transaction
La remontée à l'administration des données que la facturation électronique ne couvre pas : ventes aux particuliers, opérations avec l'étranger, encaissements. Deux obligations distinctes, souvent confondues — on peut être concerné par les deux.

Ce vocabulaire couvre les acteurs et les deux obligations. Deux questions arrivent juste derrière : ce que recouvrent Factur-X, UBL et CII, c'est-à-dire la forme du fichier lui-même, et quelles données le e-reporting réclame, à quelle fréquence — une cadence qui dépend de votre régime de TVA, et qu'on lit rarement juste.

Ce que ça change concrètement pour vous

Une seule décision vous revient : choisir votre plateforme agréée. Tout le reste en découle. La DGFiP en recense 166, dont 20 n'ont pas encore passé les tests d'interopérabilité, et l'immense majorité s'adresse à des entreprises de taille importante.

Si vous êtes indépendant, 20 seulement vous ciblent réellement — et plusieurs proposent une formule gratuite.

Comparer les 166 plateformes agréées

Ou directement la sélection pour les auto-entrepreneurs, les freelances, les artisans ou les TPE.

Définitions établies d'après les publications de la DGFiP — impots.gouv.fr. Le recentrage du portail public sur l'annuaire et le concentrateur date d'octobre 2024. En cas de doute sur votre situation, adressez-vous à votre expert-comptable ou à l'administration : ses publications font seules foi.