Mon logiciel de facturation est-il agréé ?
Dans la très grande majorité des cas, la question ne se pose pas dans ce sens : votre logiciel n'a pas besoin d'être une plateforme agréée. Il doit être raccordé à l'une d'elles.
La réponse courte
Seules les plateformes agréées peuvent transmettre vos factures et vos données à l'administration. Votre logiciel, lui, a le droit de rester un simple outil de saisie : il devient un opérateur de dématérialisation qui s'interface avec une plateforme agréée. Changer d'outil n'est nécessaire que si votre éditeur n'a prévu aucun raccordement.
Comment vérifier
La liste fait autorité, et elle est publique. La DGFiP — impots.gouv.fr en publie deux : 146 opérateurs ont réussi les tests d'interopérabilité, 20 les attendent encore — soit 166 au total. Le comparateur les réunit sur une seule page, à jour au 15 août 2026 : cherchez-y le nom de votre éditeur.
Deux précautions avant de conclure. D'abord, la liste porte des raisons sociales, qui ne sont pas toujours le nom commercial que vous connaissez — un même éditeur peut même y figurer deux fois, sous deux inscriptions. Ensuite, elle évolue en continu : une absence aujourd'hui n'est pas une absence définitive. Ne pas trouver son logiciel ne veut donc pas dire qu'il est hors-jeu ; cela veut dire qu'il faut poser la question à l'éditeur.
Les trois situations
Votre éditeur figure sur la liste
Vous n'avez rien à changer sur le principe. Vérifiez tout de même à quel stade il en est : aucune plateforme n'est à ce jour définitivement immatriculée. L'immatriculation n'est accordée qu'après réussite des tests en conditions réelles, elle vaut trois ans et peut être suspendue.
Il n'y figure pas, mais il annonce un raccordement
C'est le cas le plus fréquent, et il est régulier. Demandez simplement le nom de la plateforme agréée à laquelle il se raccorde, et vérifiez que ce nom figure bien sur la liste. Une annonce de conformité sans nom de plateforme n'engage à rien.
Il n'y figure pas et n'annonce rien
C'est la seule situation qui demande une décision de votre part. Posez la question par écrit, et fixez-vous une date de réponse : si elle ne vient pas, il vous reste à choisir une solution qui, elle, est raccordée. Le comparateur permet de filtrer par public visé et par modèle tarifaire.
Ce que quelques éditeurs répandus annoncent
Ces logiciels ne figurent pas sur les listes d'immatriculation, et chacun a publié à quelle plateforme agréée il se raccorde. Nous rapportons leurs propres termes, avec la page consultée et la date — et nous confirmons, liste officielle à l'appui, que la plateforme annoncée y figure réellement.
L'éditeur ne se présente jamais comme plateforme agréée et rappelle au contraire que « chaque facture doit transiter par une Plateforme Agréée (PA) ». Il documente deux plateformes testées avec Dolibarr : EsaLink, « la première PA opérationnelle et testée avec Dolibarr, retenue officiellement par l'association PDP Libre », et SuperPDP, « opérationnelle et testée avec Dolibarr ». Un module « eInvoicing » est disponible en téléchargement.
Vérifié sur la liste officielle : ESALINK (tests d'interopérabilité réussis), SUPER PDP (tests d'interopérabilité réussis) figurent bien sur les listes de la DGFiP.
Vous gardez Dolibarr et vous ajoutez le module, puis vous souscrivez séparément auprès de l'une des deux plateformes. Le coût de la plateforme n'est pas celui du module : ce sont deux abonnements distincts.
À vérifier : L'éditeur ne s'engage pas sur le tarif des plateformes partenaires, qui ne dépend pas de lui. À vérifier directement auprès de celle que vous retenez.
L'éditeur annonce une « intégration native avec la PA Shine : conformité incluse et garantie ». Il ne se présente pas lui-même comme plateforme agréée.
Vérifié sur la liste officielle : Shine (tests d'interopérabilité réussis) figure bien sur les listes de la DGFiP.
Le raccordement est prévu par l'éditeur et intégré à ses logiciels : vous n'avez pas de second contrat à négocier vous-même.
À vérifier : La page consultée ne dit pas si ce raccordement est compris dans l'abonnement ou facturé en supplément. C'est la question à poser avant de renouveler.
L'éditeur invoque « notre partenariat avec Pennylane, une Plateforme Agréée » et affirme « pas de coût supplémentaire […] chez Henrri, c'est et ça restera 100 % gratuit ». Il ne se présente pas lui-même comme plateforme agréée.
Vérifié sur la liste officielle : PENNYLANE (tests d'interopérabilité réussis) figure bien sur les listes de la DGFiP.
L'outil et le transport sont annoncés sans surcoût : c'est la promesse la plus favorable relevée parmi les éditeurs non immatriculés.
À vérifier : La page ne précise pas les conditions de cette gratuité (volume, type de document, durée). Une promesse de gratuité sans condition écrite mérite une confirmation par écrit.
L'éditeur se décrit comme une « solution compatible » et indique intégrer directement Chaintrust by Visma, plateforme agréée appartenant à son propre groupe.
Vérifié sur la liste officielle : CHAINTRUST by Visma (tests d'interopérabilité réussis) figure bien sur les listes de la DGFiP.
Outil et plateforme relèvent du même groupe : un seul interlocuteur, et pas de raccordement à négocier.
L'éditeur est explicite sur son propre statut : « Freebe figure sur cette liste officielle des Solution Compatible mais pas de PA », et indique gérer « la conformité de bout en bout via notre partenaire SUPERPDP ».
Vérifié sur la liste officielle : SUPER PDP (tests d'interopérabilité réussis) figure bien sur les listes de la DGFiP.
La distinction est posée noir sur blanc par l'éditeur lui-même, ce qui est rare et vous évite de la découvrir plus tard : l'outil reste le vôtre, le transport passe par SuperPDP.
À vérifier : La page consultée ne dit pas si ce raccordement est compris dans l'abonnement Freebe ou facturé à part. À demander avant de vous engager.
L'éditeur consacre une page d'aide à cette question précise. Il s'y décrit comme « compatible et conforme » sans revendiquer d'immatriculation, et indique : « nous avons noué un partenariat technologique avec une plateforme agréée par l'État : Super PDP ».
Vérifié sur la liste officielle : SUPER PDP (tests d'interopérabilité réussis) figure bien sur les listes de la DGFiP.
Le transport passe par Super PDP, la même plateforme que celle retenue par Dolibarr et Freebe. Vous gardez votre outil.
À vérifier : La page évoque une expérience « sans frais supplémentaires » mais ne détaille aucune condition — ni volume, ni durée, ni périmètre. À faire préciser par écrit.
L'éditeur n'annonce pas un raccordement à une plateforme tierce mais son propre futur agrément : « en 2026, Zervant deviendra plateforme agréée (PA) ». Une autre de ses pages indique qu'on peut « d'ores et déjà recevoir des factures électroniques sur Zervant » et qu'on pourra « bientôt en émettre », sans donner de date.
Rien à vérifier sur la liste officielle : aucune plateforme agréée n'est citée. L'éditeur annonce son propre agrément à venir, ce qui n'est pas une immatriculation.
C'est une intention, pas une immatriculation : Zervant ne figure pas sur les listes officielles à ce jour. L'annonce peut très bien se réaliser — mais tant qu'elle ne l'est pas, vous n'avez aucun nom de plateforme à vérifier, ce qui est précisément la situation à surveiller.
À vérifier : Aucune date d'immatriculation n'est annoncée, seulement l'année. Redemandez à l'éditeur un engagement daté, et revenez vérifier sur la liste officielle : c'est elle qui tranche, pas la page de l'éditeur.
Votre logiciel n'est pas dans cette courte liste ? Elle ne prétend pas être exhaustive : chaque entrée demande une lecture directe chez l'éditeur. Les questions ci-dessous vous permettent d'obtenir la même information vous-même, en une fois.
Les cinq questions à poser à votre éditeur
Elles sont formulées de façon fermée : chacune appelle un nom, une date ou un montant. C'est ce qui les rend utiles — une réponse vague à une question fermée est déjà une réponse.
- Êtes-vous immatriculé comme plateforme agréée ? Si oui, sous quel nom exact figurez-vous sur la liste de la DGFiP ?
Le nom commercial que vous connaissez n'est pas toujours celui qui figure sur la liste : elle porte des raisons sociales, des noms de groupe et parfois deux inscriptions pour un même éditeur. - Si vous ne l'êtes pas, à quelle plateforme agréée êtes-vous raccordé ?
C'est la seule réponse qui vous met en conformité. « Nous serons prêts » n'en est pas une : demandez le nom de la plateforme, il doit figurer sur la liste officielle. - Ce raccordement est-il inclus dans mon abonnement actuel, ou facturé en plus ?
C'est le moment où le coût réel apparaît. Un outil gratuit aujourd'hui peut devenir payant au raccordement, et la question ne se pose qu'une fois. - À partir de quelle date puis-je RECEVOIR une facture électronique avec votre outil ?
La réception est la première échéance et elle ne se négocie pas : elle s'impose à toutes les entreprises, quelle que soit leur taille. - Et à partir de quelle date puis-je en ÉMETTRE ?
Recevoir et émettre sont deux capacités différentes, avec deux échéances différentes. Des offres permettent l'une sans l'autre.
Jusqu'à quand attendre
Deux échéances, souvent confondues. Recevoir une facture électronique s'impose à toutes les entreprises, sans exception de taille. Émettre s'impose plus tard aux TPE, PME et micro-entreprises. Le détail des deux dates et des cas particuliers est sur la page dédiée aux micro-entreprises.
Ne pas être en mesure de recevoir n'entraîne pas une amende immédiate : la procédure commence par une mise en demeure, avec trois mois pour se mettre en conformité. En revanche, une facture émise sur un circuit non conforme est sanctionnée 50 € par facture, plafonnée à 15 000 € par an — d'où l'intérêt de poser la question à son éditeur bien avant l'échéance, pas après.
Si la réponse de votre éditeur est décevante, ou si vous n'utilisez aucun logiciel de facturation, la marche à suivre pour être en mesure de recevoir tient en une seule décision : désigner la plateforme par laquelle vos factures arriveront.
Pourquoi aucun logiciel n'est nommé ici
Nos données permettent d'affirmer qu'un nom ne figure pas sur les listes officielles. Elles ne permettent pas d'affirmer que l'outil correspondant serait inutilisable : son éditeur peut être raccordé à une plateforme agréée, avoir un dossier en cours, ou figurer sous la raison sociale d'un groupe. Publier une liste de « logiciels non conformes » serait rapide à lire et faux.